Newsletter mai 2012

A vos agendas : la conférence finale Miniwaste se tiendra à Rennes les 20 et 21 novembre 2012

La conférence finale Miniwaste se tiendra à Rennes (France) pendant la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets. Cet événement sera l’occasion de dévoiler les résultats du projet et de mettre en avant les outils mis à la disposition des villes et régions pour prévenir les bio-déchets à l’échelle locale et régionale.

Pendant une journée et demie se succéderont présentations et discussions d’experts sur les bio-déchets et ateliers en petits groupes. Lors de cette conférence, les participants pourront tester un outil informatique de suivi des actions de prévention des bio-déchets et découvrir les outils de communication utilisés pour inciter les habitants à s’investir dans les initiatives locales.

L’après-midi du premier jour sera consacré au contexte européen avec une présentation des pratiques européennes par ACR+ et une comparaison des diverses stratégies de gestion des déchets, de la prévention des déchets à la gestion centralisée des bio-déchets. La session du lendemain matin, pratique et interactive, abordera quatre thèmes : compostage, réduction des déchets de cuisine, outils de suivi (avec notamment une présentation de l’outil informatique et des protocoles développés par Irstea/Cemagref) et déchets de jardin. L’après-midi sera consacré aux résultats obtenus par Rennes Metropole, Lipor et Brno en matière de mobilisation des acteurs et citoyens autour du compostage et autres actions de réduction des bio-déchets à la source. Enfin, une table ronde donnera la parole aux représentants des collectivités publiques de tous niveaux, aussi bien locales qu’européennes, en vue de débattre des choix stratégiques en matière de gestion des bio-déchets.

Le programme est disponible sur le site Miniwaste. Pour en savoir plus : contact@miniwaste.eu

Evaluation des projets de compostage : suivez les protocoles !

Afin d’aider les villes et régions à évaluer leur projet de compostage domestique, il a été demandé à Irstea (ex-Cemagref) de développer et valider trois méthodologies scientifiques et techniques ou « protocoles ». Pour ce faire, Irstea a testé des outils d’évaluation de la qualité et quantité de compost produit dans le cadre de projets de compostage domestique et collectif. Ces tests ont donné lieu à une série de rapports et recommandations décrivant les avantages et désavantages de chaque outil, assortis de conseils pour une utilisation optimale.

Evaluation de l’impact du compostage domestique sur la quantité de déchets 

Les recherches menées par Irstea montrent qu’une enquête (téléphonique ou autre) est un outil intéressant pour repérer les foyers susceptibles de participer ultérieurement à des actions de prévention des bio-déchets. Cet outil permet également d’identifier les foyers qui pratiquent le compostage en tas. Mais il ne permet pas d’obtenir des informations satisfaisantes sur les quantités de bio-déchets compostés et doit être complété d’autres outils, comme la caractérisation des déchets ou le SIG (pour quantifier les déchets verts). La pesée des déchets par les ménages peut s'avérer lourd à mettre en place et l’information peut être obtenue d’autres manières (recoupement entre caractérisation des déchets collectés et application d'un ratio de détournement théorique, complété par la cartographie des foyers pratiquant le compostage domestique).

Quid des logements collectifs et restaurants ?

Deux points ont été vérifiés. Concernant le suivi de la production des bio-déchets, les tests montrent que pour évaluer le gisement de bio-déchets potentiellement compostables, la solution est de réaliser une caractérisation des déchets collectés et d'y associer un relevé des quantités produites (pesée de la benne étant la méthode la plus simple). L'important est ensuite de savoir à quelle population affecter cette production (nombre d'habitants). Les autres méthodes (capteurs de pesée sur les containers ou méthode consistant à en estimer la densité) sont plus onéreuses et nécessitent de s’assurer de la bonne transmission des données dans le premier cas et d’effectuer de fréquents déplacements sur site dans le second. Pour ce qui est du suivi des bio-déchets compostés, la conclusion d’Irstea est que pour mesurer les quantités effectivement détournées, la meilleure solution reste la pesée volontaire, par les référents des sites de compostage eux-mêmes, des bio-déchets versés dans les bacs à compost, la méthode alternative dite de conservation de la masse minérale n’étant pas assez fiable pour ce type de mesure.

Comment évaluer la qualité du compost ?

Concernant l’évaluation sensorielle effectuée sur site par les composteurs, les résultats de la recherche montrent que les meilleurs critères d’évaluation du compost sont : la présence d’organismes vivants dans le compost (vers, mouches, fourmis, champignons, etc.), l’odeur (type et intensité) et le degré de décomposition du compost. Pour ce qui est de l’analyse physicochimique en laboratoire, l’étude montre que le potentiel de germination des échantillons de compost est légèrement supérieur dans le cas du compostage domestique par rapport au compostage collectif et que le compost constitue un meilleur substrat que les engrais. L’étude a également montré que, hormis quelque rares exceptions, les niveaux de métaux lourds, parasites et pathogènes sont bien en dessous des normes, montrant ainsi clairement que le compost peut être utilisé en toute sécurité, par exemple dans les potagers ou pour les plantes ornementales.

Les trois protocoles sont disponibles sur le site Miniwaste.

Aider les européens à mettre les mains dans le compost

L’inventaire Miniwaste des bonnes pratiques en matière de prévention des déchets détaille dix mesures portant pour la plupart sur la réduction des bio-déchets, mises en place en Europe. Sur ces dix fiches de cas, trois - Turin, Comté du Kent et Porto - visent à promouvoir le compostage domestique.

Réduction des déchets dans la province de Turin 

COVAR 14 est un consortium public chargé de coordonner la gestion des déchets de 19 municipalités dans le nord-est de la province de Turin, Piémont, Italie. COVAR 14 a mené deux campagnes en 2004 et 2006 afin de promouvoir une politique de gestion intégrée et de prévention des déchets. A l’issue de ces campagnes en 2006, 63 % des déchets étaient collectés de manière sélective. En 2008, environ une famille sur dix pratiquait le compostage domestique et 90 % des familles visitées le pratiquaient correctement.

Ces campagnes avaient également pour but d’expliquer les objectifs de la mise en place parallèle d’une collecte sélective des déchets en porte à porte. Actions promotionnelles ciblées et visites de suivi ont permis d’impliquer les acteurs locaux, et notamment les représentants des collectivités locales. Les instruments suivants ont été utilisés :

  • Incitation fiscale (taxe d’enlèvement des déchets proportionnelle aux quantités de déchets collectés) : les habitants bénéficient d’une réduction de 20 % sur la part variable de la taxe en adhérant au programme de compostage.
  • Information : communication bénéficiant d’une identité visuelle commune, projet pédagogique pour les écoles, exposition, autres actions de sensibilisation comme les points information, distribution de manuels sur le compostage domestique, cours de compostage domestique et pièce de théâtre pour les enfants.

Partenariats pour le compostage dans le Comté du Kent 

Le deuxième exemple nous vient du Comté du Kent, au Royaume-Uni, et a été lancé en 1996. Le dernier rapport stratégique sur la politique de réduction des déchets, publié en 2008, fixe les objectifs suivants en matière de compostage : détournement de 18 500 tonnes de bio-déchets, vente de 103 000 composteurs d’ici 2012 et au moins 150 conseillers en compostage actifs. L’évaluation menée fin 2010 a donné les résultats suivants : 34 % des habitants pratiquent le compostage domestique, 200 conseillers en compostage ont été accrédités et 70 000 composteurs vendus.

L’implication des acteurs en amont du projet et l’identification des cibles (écoles) expliquent le succès de ces actions, qui bénéficient également de caractéristiques urbaines favorables (jardins) et de la collaboration avec des réseaux nationaux (WRAP, etc.). Afin d’inciter la population locale à pratiquer le compostage domestique, le Comté du Kent a utilisé les instruments suivants :
  • Restrictions en matière de collecte : arrêt de la collecte des déchets verts, obligeant les habitants à choisir entre le compostage domestique ou l’apport volontaire en centre de recyclage.
  • Composteurs subventionnés pour les habitants et gratuits pour les écoles. 
  • Formation des conseillers en compostage : formation de 48 heures, les participants pouvant ensuite compter sur le soutien du réseau des conseillers en compostage.
  • Information fournie dès la phase de conception et de mise en oeuvre (distribution de fiches d’information, invitations par e-mail, publicités à la radio, animations sur le terrain, spectacle de théâtre dans les écoles et suivi des écoles).

Distribution de composteurs dans la région de Porto

Enfin, le projet « Terra a Terra » lancé en 2007 par le Lipor (Portugal) vise à distribuer 10 000 composteurs à des ménages, écoles, institutions et entreprises, assortis d’une prestation d‘assistance et de formation, et promouvoir la réduction des déchets et la qualité de vie. Plus de 6 200 composteurs ont ainsi été distribués entre 2007 et 2011.

Les personnes désirant recevoir un composteur gratuit doivent remplir un formulaire de demande, être âgées de plus de 18 ans et habiter une maison avec jardin située sur la zone du projet ou travailler dans une entreprise disposant d’un jardin et située dans cette même zone.  Les composteurs sont attribués à l’issue d’une formation gratuite. Les instruments utilisés comprennent, entre autres, un formulaire de demande, des aides (pour les composteurs), des formations, des outils de communication (notamment le site internet www.hortadaformiga.com), ainsi que des visites de suivi des composteurs.

Consultez l’inventaire complet pour en savoir plus sur ces fiches de cas et sur les autres bonnes pratiques Miniwaste.

Focus partenaire : Irstea/Cemagref

Lipor

Chaque numéro de la newsletter de Miniwaste se focalise sur l’un des cinq partenaires du projet (Rennes Métropole, l’ACR+, Lipor, Brno et le Irstea/Cemagref). C’est maintenant au tour de l’Irstea (ex-Cemagref) de se retrouver sous les feux des projecteurs.

Irstea, ex-Cemagref, est un établissement public de recherche en sciences et technologies sous la double tutelle du Ministère de la Recherche et du Ministère de l’Agriculture. L’Irstea a pour principales missions de mener, appliquer, coordonner et soutenir à court et moyen terme, de sa propre initiative ou à la demande du gouvernement, toute recherche en sciences et technologies liée à la gestion durable des terres, notamment agricoles et naturelles, et de leurs ressources. Le statut de centre de recherche de l’Irstea permet de valoriser les résultats techniques et scientifiques et apporte de la crédibilité au projet.

A travers le projet Miniwaste, Irstea souhaite développer les connaissances techniques sur le compostage. En tant qu’institut de recherche, sa principale tâche au sein de Miniwaste est d’abord de définir les méthodes d’évaluation de la quantité de déchets détournée grâce au compostage et de la qualité du compost, et dans un deuxième temps, de valider différents protocoles d’évaluation. Ces protocoles portent sur les outils destinés à aider les villes et régions à évaluer trois aspects :
  • quantité de bio-déchets détournés grâce au compostage domestique,
  • quantité de bio-déchets détournés grâce au compostage collectif en pied d’immeuble et par les restaurants,
  • qualité du compost produit par les programmes de compostage décentralisé.

Irstea a également participé avec Rennes Métropole au projet de recherche et développement ECCOVAL, financé par la Région Bretagne et ayant pour objectif l’identification des facteurs conditionnant l’investissement des ménages dans le compostage individuel.

Semaine Européenne de la Réduction des Déchets : parlons prévention !

La communication est un élément clé de toute stratégie de réduction des déchets  pour changer les comportements des consommateurs et producteurs et pour, à terme, réduire les quantités de déchets produits. La Semaine Européenne de la Réduction des Déchets (SERD) est un projet LIFE+ qui vise à organiser durant une même semaine des actions de sensibilisation sur la prévention des déchets.

Au cours de l’édition 2011, 7035 actions de sensibilisation ont été menées dans toute l’Europe – et ailleurs – par des administrations, associations, établissements scolaires, entreprises, commerces et autres acteurs. Certains partenaires du projet Pre-waste ont également participé à la Semaine en tant que coordinateurs (ou organisateurs SERD) ou en menant des actions de sensibilisation (en tant que porteurs de projets).

Responsable du Secrétariat technique SERD, ACR+ assure une fonction clé de lien entre les divers organisateurs SERD et de coordination de la Semaine dans les régions et pays qui ne disposent pas encore d’un organisateur. Partenaire du projet SERD, le Lipor participe également activement à la Semaine en veillant à la promotion, coordination et mise en œuvre de plus de 190 actions de communication sur son territoire. Rennes Métropole a également profité de la Semaine pour communiquer sur la prévention des déchets au travers de plusieurs actions.

Les meilleures actions seront récompensées lors de la cérémonie de remise des trophées de la SERD le 19 Juin à Paris. Le même jour, une conférence internationale fera le point sur les résultats de la SERD après 3 ans d’existence. La conférence abordera également les stratégies de communication en matière de prévention des déchets et sera suivie d’une journée technique le 20 juin sur les plans locaux de prévention des déchets.

La prochaine édition de la SERD se déroulera du 17 au 25 Novembre 2012. Les collectivités publiques souhaitant coordonner la SERD dans leur région sont invitées à faire part de leur intention avant le 30 avril 2012. Les autres peuvent d’ores et déjà commencer à réfléchir à ce qu’ils vont faire pendant cette Semaine !

Pour en savoir plus : ewwr.eu et contact@ewwr.eu

Les dernières nouvelles du site web Miniwaste

Laissez-nous vos commentaires
Lisez les autres actualités sur le site internet

 Qu’est-ce que Miniwaste

un projet européen de 3 ans financé par le programme LIFE+ de la Commission européenne, qui a pour objet de concevoir, mettre en application et évaluer un plan stratégique innovant et durable pour minimiser les déchets organiques municipaux dans les pays de l’UE, jusqu’à 2012.

Avec le soutien financier du programme LIFE+ de la Commission européenne

Si cet email ne s'affiche pas correctement, vous pouvez le visualiser grâce à ce lien.
Cette newsletter est également disponible en anglais, cliquez ici
Pour vous désabonner, cliquez ici
Consultez notre site http://www.miniwaste.eu


 
© miniwaste - www.miniwaste.eu / Powered by KMT2